Sexualité à la rwandaise

Samedi 19 février 6 19 /02 /Fév 00:45

Kunyaza1-s.JPG Dans mon livre « Pratiques et Rites sexuels au Rwanda » (Paris, Editions L’Harmattan, 2006), j’ai écrit :

« Les urines d’une femme ménopausée intervenaient dans la préparation de différents médicaments, surtout comme antiseptique. La nuit, il n’était pas question d’aller uriner dehors. La femme avait un pot de terre qui servait d’urinoir. Après quelques jours, une matière blanchâtre apparaissait dans le fond du pot. C’était l’albumine contenue dans les urines. Ce précipité était soigneusement recueilli et donné aux jeunes filles qui s’en servaient comme lait corporel. Elles s’en enduisaient notamment sur les cuisses pour les rendre plus douces au toucher ».

Un de mes lecteurs m’a fait remarquer qu’ailleurs, il existe ce qui est connu sous le terme « urinothérapie » qui est l’usage de l’urine à but thérapeutique. En Inde, cette pratique est appelée Amaroli. Il s’agit de boire une partie de son urine pour se soigner ou pour entretenir sa santé. L’urine est également utilisée comme cosmétique pour entretenir la peau, les cheveux, pour des lavements intestinaux, des douches vaginales,…

A ce sujet, une dame rwandaise vivant en Europe m’a envoyé le témoignage suivant :

« Moi je l'utilise régulièrement sur ma peau comme démaquillant le soir, cela évite d'avoir des boutons et enlève les imperfections de la peau. Personnellement je n’ai pas de bouton au visage à cause de ça. Celles à qui j’ai conseillé d’utiliser leurs urines  pour nettoyer la peau, ont eu des effets immédiats. Ceux qui voulaient une belle peau se lavaient avec les urines de vaches. Quand on se lave avec  l'urine du jour, on se prémunit contre  les imperfections. Un traitement avec l'urine de la semaine accumulée  permet de donner un petit éclat clair à la peau. C'est plus sain que l'hydroquinone non? Moi personnellement je n'utilise jamais les produits comme des crèmes africaines éclaircissants. C'est une chose à laquelle on s'habitue et on doit avoir des précautions personnelles pour rester dans un cadre hygiénique et de propreté impeccable.

J'ai donne leur propre urine du matin à mes enfants en cas de crises d'exéma avec sécheresse avancée, lorsqu'ils étaient petits, et qu'ils ont des poussées que les ouest africains appellent apparemment Bourbouille. Pour le reste dans ma crème quotidiennes j'ajoute une crème ou lait appelée Eucerine à 10% d'urée pour avoir une peau douce. Elle est disponible en pharmacie. Cette même crème est recommandée aux diabétiques pour leurs pieds qui ont des tendances à sécher ».

Vos avis sont vivement souhaités via la rubrique « Commentaires ».

Gaspard Musabyimana

19/02/2011

Par Kiroha - Publié dans : Sexualité à la rwandaise
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Mardi 15 février 2 15 /02 /Fév 21:15

femme-cuisine.JPG abahennyi: exorcistes qui intervenaient notamment pour la condamnation à mort des filles-mères

agacurama : chauve-souris ; la poudre obtenue à partir de sa dépouille mortelle servait dans la pratique de gukuna

akannyo: littéralement ‘petit anus’ ; nom insultant de la vulve ou du vagin ; innyo

akatsamuriro : littéralement ‘qui allume le feu’ ; méat urinaire de la femme

amabere : seins

amabi : règles survenant après la mort d’un enfant

amabya: testicules

amacugane: enfant né d’une union incestueuse, inyamacugane

amahasha: jumeaux de sexe différent

amahumane: sorte de dermatose attrapée suite à la non-observance de certains interdits sexuels.

amanyare: sécrétions, humeurs vaginales ; ibinyare, inkari, appelé aussi, par pudeur, amavangingo.

amavuta y’irora rimwe : beurre sorti en premier de la baratte et utilisé dans le gukuna

 

baduname : clitoris ; rugongo (qui crie), ruhogo (d’un rouge foncé), ruguga (à la forme d’une montagne), bashyame, bavukanwa (qu’on naît avec), ruhembe (pointu comme une corne), agatorezo (petite hache), agashyimbo (un petit haricot), rutorishaka (dont l’extrémité peut pour ramasser les petits grains de sorgho), rutumvincyuro (qui se passe des circonlocutions).

biheko: sorte de personnage mythique qui donnait la fécondité aux familles.

 

cyinyaza: littéralement ’qui pissent d’elles-même’ ; petites lèvres qui s’excitent très facilement ; imirishwakumwe (qu’on peut manger facilement, avec un seul bras).

 

guca hagati: cérémonie durant laquelle le frère de la mariée devait se coucher entre sa sœur et son mari avant la consommation du mariage

gucuga : faire des pénétrations courtes et saccadées , lors des rapports sexuels ; gucugita.

gucumita: enfoncer le pénis profondément dans le vagin, dans un mouvement vigoureux, long et sec, lors des rapports sexuels

gucutsa umwana : copulation rituelle faite à l’occasion du sevrage d’un enfant

gucyura : prendre une veuve pour femme ; épouser en secondes noces ;ramener de chez ses parents une femme partie après une brouille familiale.

gufumbata : au lit, enserrer un partenaire avec un bras

guhana : prodiguer des conseils à une fille à la veille de son mariage

guharika: prendre une autre femme dans le cas de la polygamie

guheheta : courir les jupons

guhemba ingobyi : fourrer le placenta des graines d’eulésine et de sorgho comme pour le récompenser après l’accouchement

guhembera: faire provoquer du lait maternel

guhenesha : faire des relations sexuelles la femme, à califourchon

guhigura: récompenser un guérisseur pour ses consultations surtout si le malade était guéri

guhuhira ivu mu maguru: rite consistant à souffler un peu de cendre entre les jambes d’une femme dont les lèvres vulvaires ne sont pas développées selon la coutume.

guhugwa: ne pas désirer son partenaire, surtout sexuellement

guhunama : être hébété suite aux charmes nocifs

guhungura : pour un homme, épouser une veuve, femme d’un membre de la famille décédé

gukazanura : pour un homme, faire des relations sexuelles avec sa belle-fille

gukirana : lutte amoureuse faite lors de la première nuit des noces entre l’homme et la femme , pour la consommation du mariage

gukuna : étirer les petites lèvres vulvaires ;kwisura ; guca imyeyo.

gukundwakaza: pour un polygame, manifester plus d’amour pour une de ses femmes

gukurakuza : exercices d’entretien pour maintenir la longueur des petites lèvres vulvaires

gukuza imishino: rite fait par les filles après des exercices de gukuna.

gusambana : commettre l’adultère

gusenda: répudier sa femme d’une façon honteuse, humiliante et irréversible

gushinga baduname: pour une fille ou une femme, s’asseoir les jambes écartées en exposant son sexe à la vue

gushyukwa: entrer en érection

gusubya amaguru: première visite qu’une jeune femme effectuait chez ses parents après le mariage

guswera: avoir des rapports sexuels ; on dit aussikwenda, kwerekera, gutora, kwanzika

gutaha inzu : copulation rituelle faite à l’occasion de l’occupation d’une nouvelle hutte

gutahira : pour un jeune homme, marier la fille chez ses parents et y demeurer quelque temps

gutahirwa : accueillir son mari pour une femme polygame pour les relations sexuelles de ‘‘consolider l’enclos’’(kubaka urugo)

gutambikiza: s’asseoir les jambes écartées

gutera itubya: provoquer une diminution du patrimoine familial ; c’est le propre d’une femme dont les petites lèvres ne sont pas développées

gutera urubambo: forniquer

guterura umwana : copulation rituelle effectuée le jour des relevailles

gutinura: découvrir le gland du pénis en retroussant le prépuce

gutoroboza: violer une petite fille

gutsirika intozi: avoir des relations sexuelles avec sa belle-mère ; kwenzuza

 

ibibero : cuisses

ibiheko: talismans portés par la femme enceinte

ibikunisho: matériel utilisé dans le gukuna

ibirarane: matériel utilisé la veille, dans legukuna

ibiziriko: très longues lèvres vulvaires

ibuguma : vieille vache

ibyivugo: hauts faits ; le jeune marié en déclamait après le cérémonial d’umwishywa

icwende: littéralement ‘petite gourde pour conserver le beurre’ ; organe génital féminin d’aspect extérieur ramassé.

igihama : femme dont le vagin ne fait pas suffisamment d’humeurs vaginales.

ishabure : morceau de peau de vache porté comme habit par des adolescents.

igipampara : fille ou femme dont les petites lèvres vulvaires ne sont pas allongées ; icyohe

igisetsampfizi: littéralement ‘qui fait sourire le taureau’ ;familièrement, sexe de la femme

igishubaziko : littéralement ‘qui reste au foyer’ ; femme divorcée qui revient vivre chez ses parents

igituba: vulve ; vagin

ikigoryi : débile profond ; il ne pouvait pas se marier

ikiriri : lit aménagé pour une femme qui a accouché

ikinyaruka: littéralement ‘qui est pressée’ ; femme sans mari ; si elle en trouve un, elle ne se fait pas prier

ikinyendaro: littéralement ‘issu d’une petite hutte’ ; c’est comme si les relations sexuelles entre une fille et son partenaire avient eu lieu dans un endroit retiré, dans une petite hutte abandonnée ;fille-mère.

imboro: pénis ; inzanage, inzanabibondo, insandazamaganga, insamamagara, inzage, intini

imboroza: nom donné à un gros pénis.

imbumburi: verge courte, robuste et trapue

imbundi: sorte de pénis

imbuto : semence génératrice

imfunya : avorton

imigoma: grandes lèvres

imijabamabyi : trop longues lèvres vulvaires ; imijabannyo ; ibiziriko

imishino: petites lèvres vulvaires ; imisundi, imizirazuba, umwambaro.

imisumbi : pubis

imitezi: blennorragie

impa: fille ou femme frappée d’aménorrhée

impagazi: faire des relations sexuelles dans une position debout

impanga : doublets ; jumeaux de même sexe

imparabanyi: femme débauchée, coureuse

impare: verge naturellement circoncis.

impenebere: femme ou fille adulte dont les seins ne sont pas développés

impundu : cris de joies avec une sonorité spéciale, lancés par des filles et des femmes dans des fêtes.

imyaka: littéralement ‘grains récoltés, pour manger’ ; familièrement, sexe de la femme.

incakwaha : poils des aisselles

incike: femme sans enfant

ingaramakirambi: célibataire endurci

ingaramizi: organe génital féminin qui laisse apparaître l’ouverture vulvaire lorsque la femme est debout

ingumba : se dit d’une femme ou d’une vache stérile

inka y’umunyafu : première vache qu’un seigneur donnait à son serf.

inkaka: verge d’un animal

inkarasundi: mauvaises odeurs que dégage la vulve d’une femme, dues au manque de propreté

inkumi : jeune fille nubile

inshoreke: maîtresse qui accompagnait le seigneur féodal dans ses déplacements.

insya : poils du pubis

intanga: cellule de la reproduction ; spermatozoïde ou ovule

intini: mot grossier pour dire pénis

intinyi: phobie des relations sexuelles ; frigidité

intiritiri: sorte de pénis

intsinzi: amulette

inzaratsi : charmes

inzibabuzutu: gros pénis

inzonnyo: poils de l’anus

isakare : urine en putréfaction.

isugi : vierge ; femme qui n’a pas perdu d’enfant ; vache qui n’a pas perdu de veau ; récipient qui n’a pas encore servi

itabi ryo mu gacuma : purgatif pris par des femmes pour maintenir la ligne et pour éviter de faire des pets au lit pendant la nuit.

 

kababi k’umuyenzi: petites lèvres vulvaires très courtes, qui n’ont pas atteint la longueur rituelle

kubanda urugi: insister pour se faire ouvrir la porte, chez une femme en voulant lui faire des avances

kubangurira: mener une femelle à la saillie

kubenga: pour une fille, éconduire un prétendant

kubonera urugo: copulation rituelle après l’apparition des premières règles après la mariage

kubunza umweko : aller à la recherche d’un mari pour une femme divorcée

kugenya: sectionner le cordon ombilical du nouveau-né ; gukungura

kugororera: récompenser fortement

kugumirwa :pour une fille, n’avoir pas de fiancé ; coiffer sainte Catherine ; kugwa ku ziko

kugwiza: atteindre la longueur voulue par la coutume, en parlant des petites lèvres vulvaires et du clitoris

kumanikira: nouer ou suspendre la fécondité

kumanukwa: littéralement ‘descendre dedans’ ; avoir des règles ; gusurwa (recevoir des visiteurs) ; kugendererwa : (recevoir des visiteurs) ;kurwara :(être malade).

kumara akanapfu: copulation rituelle faite pour mettre fin au deuil d’un enfant

kumara amavuta : consommer le mariage

kumarira umugabo : pour une femme enceinte, faire des relations sexuelles avec un membre de la famille accepté par la coutume, pour mettre fin au deuil du mari décédé durant la grossesse de son épouse.

kuramukwa: éprouver des douleurs lors du début du travail pour une femme enceinte

kunuka cucu:littéralement ‘qui sent mal et se répand comme une traînée de poussières dans l’air’ ; exhaler une odeur insupportable, en parlant du vagin.

kunanura :étirement des petites lèvres après les règles, pour les remettre en forme

kunyaza: tapoter le clitoris et les petites lèvres en vue de provoquer l’écoulement des sécrétions vaginales lors des relations sexuelles

kurarira: faire des veillées nocturnes chez la jeune fille qui va se marier

kurera inda :relations sexuelles recommandées pour l’homme, quand la femme est enceinte

kureshya : demander une femme en mariage, en secondes noces 

kurinda: être en chaleur pour le bétail

kurora ibayi: voir la nudité de sa mère

kurwara ubunyana: avoir des règles trop espacées ou ne les avoir qu’une seule fois

kurya umuganura: copulation rituelle faite à l’occasion de la fête de la moisson

kuvuna amavi: pour une jeune fille, avoir des menstrues pour la première fois

kuzingura: lever l’interdit

kwakira ibyeru : copulation faite après le départ des hôtes de la famille de la femme venus voir le nouveau-né

kwakira umwishywa : relations sexuelles rituelles des parents du jeune homme et de la jeune fille pour célébrer leur mariage

kwakira umunyafu: copulation rituelle faite par des parents à l’occasion de la réception de la première vache que leur fils avait reçue de son seigneur féodal

kwambara umukobwa : pour une mère , porter à la ceinture quelquechose prélevé sur sa fille (morceau d’habit, morceau de l’épiderme) pour lui éviter tout risque d’être enceintée avant le mariage ou d’être empoisonnée

kwarama: pour une jeune mariée, passer sa lune de miel

kwasa indwi: accoucher  pour la septième fois

kwigera hasi : simulacre de copulation lors d’une cérémonie de mariage

kwenda umwana na nyina: avoir des relations sexuelles avec une fille et avec sa mère : kwenzuza ; gutsirika intozi.

kweza :pour une femme, faire des relations sexuelles rituelles avec un membre de la famille accepté par la coutume, pour mettre fin au deuil du mari

kwima: pour une femelle, être saillie

kwimya: pour un taureau, monter une vache ; pour un homme et par extension, faire des relations sexuelles

kwinjira : pour un homme, épouser une veuve dans la maison du défunt

kwita izina : copulation rituelle faite à l’occasion des cérémonies de donner un nom à l’enfant

kwomora : faire des relations sexuelles avec une femme dans les premiers jours après l’accouchement.

kwumviriza: prêter l’oreille pour servir de témoin au jeune marié dans sa consommation du mariage

mburugu : syphilis

mucobogo: synonyme d’umubundankari ; nom d’une vulve appréciée pour ses secrétions vaginales

nyabuninga: pénis d’aspect courtaud

nyamweru: albinos ; un enfant albinos était tué à la naissance

rugongo: clitoris ; ruguga, ruhogo, ruhembe

rugozi: très long pénis comparable à une corde

rwara rw’isha: organe génital féminin avec une ouverture vulvaire moyenne

rwogamabondo: très long pénis qui peut pénétrer jusque dans le ventre de la femme, selon les croyances populaires

 

ubuhama: état des parois vaginales sèches, sans sécrétions vaginales

ubukurire: premières règles après l’accouchement

ubukoboramabya: cadeau qu’un homme surpris en commettant l’adultère offre à celui qui l’a attrapé pour l’obliger au silence

ubukururamweko : se dit des qualités ou des défauts de la mère que manifeste l’enfant, surtout le garçon devenu adulte, et acquises suite à l’influence maternelle durant l’enfance

uburagaza: chancre mou

uburyoheramfizi: arbuste employé dans la préparation des charmes et qui signifie « qui plaît au taureau »

ubusa: rien ; nom insultant pour la vulve

umubumbankari: vulve qui renferme beaucoup de sécrétions.

umucuri : organe génital féminin dont l’ouverture vulvaire atteint presque l’anus

umugabo wacu: littéralement ‘notre mari’ ; beau-frère

umugeni: jeune mariée

umugina: organe génital féminin impressionnant par sa robustesse

umugore w’uburyo : sage-femme

umugore wacu : littéralement ‘notre femme’ ; belle-soeur

umuguha: très long pénis

umuhunguravu : homme étranger ayant procédé aux cérémonies de fin de deuil sans procéder à une copulation rituelle avec la veuve ; synonyme : umuhunguramurayi ; umuyoravu : littéralement ‘ramasseur des cendres’.

umukazana: belle-fille

umukobwa wacu: littéralement ‘notre fille’ ; nièce

umunoga: organe génital féminin tourné vers l’anus ; appelé également urweso

umuraganyina: phytolacca dodecandra, umuhoko ; arbuste aux effets abortifs employé par des filles-mères pour provoquer des avortements ; umuraganyina.

umushokannyo: organe génital féminin dont l’ouverture vulvaire est très courte et très proche de l’anus ; ntotizuba, indasabahanga, ubuhezankwano

umusumbakazi: femme mariée en secondes noces

umuzanano: enfant qu’apporte une femme qui se marie en secondes noces.

umwana w’umuja: enfant né d’une servante ou d’une concubine avec son seigneur féodal.

umwishywa: arbuste utilisé dans les cérémonies nuptiales pour sceller le mariage, momordique ;

urukamba: sexe de la femme avec une grande ouverture vulvaire.

urumina: organe génital féminin avec une longue ouverture vulvaire  

ururasago : organe génital féminin avec une très petite ouverture vulvaire

ururenda :pertes vaginales.

urutezo: distance entre l’anus et l’entrée du vagin ; périnée ; on dit aussi urutezi

urwase: vient du verbe ‘kwasa’ : fendre’ ; ouverture vulvaire ; entrée du vagin.

 

Rassemblé par Gaspard Musabyimana

10/12/2010

Par Kiroha - Publié dans : Sexualité à la rwandaise
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Vendredi 11 février 5 11 /02 /Fév 14:54

beauté Dans le Rwanda ancien, il y avait tout un éventail de produits de beauté. Ainsi comme dépilatoire, les filles et les femmes employaient la terre rouge de termitière (inkurwe). Elles s’en enduisaient régulièrement le front, les tempes et même tout le corps. Elles la laissaient sécher. En se lavant, elle enlevait des poils indésirables. La présence des traces de barbe et de favoris chez une fille n’était pas du tout appréciée et lui faisait honte. Son futur mari pouvait la délaisser pour une autre et même aller jusqu’à divorcer s’il venait à découvrir le défaut. Il en est de même pour celle dont les cheveux descendaient quelque peu au milieu du front. On disait qu’elle était susceptible de provoquer la mort de son mari ou de son premier-né. La présence de cette crête (umukiko) au front et d’une strie entre les seins avait, croyait-on, un pouvoir funeste certain.

L’usage des parfums (imibavu) et des laits corporels (amadahano ou imbiribiri) était d’usage courant dans l’ancien Rwanda. Leur préparation (ukudaha) était l’affaire des spécialistes et requérait beaucoup de patience. Les crèmes de beauté parfumées étaient fabriquées à partir des plantes aromatiques pilées, morceaux de tronc, écorces et graines. La poudre obtenue était mélangée à du beurre de vache étalé sur un tissu au-dessus d’un feu doux fait de bois très fumigène. La fumée passait à travers ce dispositif et l’opération durait à peu près un mois. Le tissu bien imprégné était alors tordu et la crème coulait dans de petits récipients adaptés amacwende, provenant des courges. Le produit obtenu était dispatché dans des petits vases (imikondo) pour des besoins quotidiens. Il avait la faculté d’assouplir la peau et permettait d’éviter l’usage de l’eau à laquelle on avait recours le moins de fois possible pour laisser à la crème le temps d’agir sur le corps. 

La toilette était différente selon les classes sociales. Chez les aristocrates et les nobles, «on se nettoie tout d’abord au beurre ordinaire ; on termine par une onction au beurre parfumé. Autrefois, les femmes et les jeunes filles faisaient un usage fréquent d’isakare, urine fermentée de vieille femme, en friction sur tout le corps, sauf bien entendu sur le visage. La peau rendue nette était passée à la pommade, puis doucement essuyée avec un bout de tissu végétal pour enlever l’excès. Une opération à peu près analogue a lieu chez les paysans Abahutu, les aromates coûteux étant remplacés par des racines parfumées de ronce imikeri ou d’herbes fines de l’Eragrostis flaminggi ou ishinge, ainsi que par le papyrus imfunzo avec de la menthe sauvage et de l’inkurume. On parfume également certains vêtements de peau à l’usage des femmes en les étendant, enduits de beurre, au-dessus des braises avec des aromates, c’est le kwosa » (A. Lestrade, La médecine indigène au Ruanda et Lexique des termes médicaux français-urunyarwanda. Bruxelles, Académie Royale des Sciences Coloniales, 1955, p.7).

La sagesse rwandaise relativise cependant la beauté. La bonté du cœur passe avant la beauté corporelle (ubwiza ni umutima). La beauté naturelle prime sur la beauté artificielle (ubwiza si ubwisize). Tout bel homme qu’il soit a toujours un défaut sur le corps (nta mwiza wabuze inenge) ; la beauté parfaite n’existe pas. La sagesse rwandaise professe même la prudence car la beauté peut cacher beaucoup de tares surtout chez les femmes. Les dictons suivants en donnent des exemples : la couleur jaune éclatante du solampré ne l’empêche pas d’être amer (ubwiza bw’intobo ntibuyibuza kurura) ; il faut se méfier des apparences. La fille à la peau claire, donc belle, peut néanmoins déféquer dans la hutte (inzobe innya mu nzu). Autrement dit, une jolie femme n’est pas nécessairement la plus consciencieuse, la plus propre. Elle n’est pas nécessairement celle qui fait une bonne ménagère.

Gaspard Musabyimana

11/02/2011

Par Gaspard Musabyimana - Publié dans : Sexualité à la rwandaise
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Jeudi 21 octobre 4 21 /10 /Oct 18:38

imigani2 Les critères de classification  des organes génitax étaient, chez la femme, : la distance entre l’orifice vaginal et l’anus (le périnée : urutezo), la longueur de l’ouverture vulvaire (urwase), la forme du Mont de Vénus (inda y’igituba : littéralement ‘‘ventre de la vulve’’) et la longueur des petites lèvres vulvaires (imishino). Pour l’homme, c’était la longueur et la grosseur du pénis.

Plus la distance entre l’orifice vaginal et l’anus était réduite, plus le sexe de la femme était mal côté. Dans la tradition, une vulve trop proche de l’anus, saillant vers le bas, était qualifié de ntotizuba (‘‘que je ne sois jamais exposé au soleil’’ pour dire qu’il est très caché), d’ umushokannyo (‘‘qui descend vers l’anus’’), d’indasabahanga (‘‘seuls les meilleurs tireurs peuvent s’y essayer’’ ; pour dire qu’il fallait beaucoup d’efforts pour le débusquer), d’ubuhezankwano (‘‘qui n’incite pas à donner la dot’’). Le sexe de la femme, trop tiré vers le bas, n’était pas du tout apprécié par le partenaire sexuel. Celui-ci ne pouvait pas néanmoins, par pudeur, exposer cette ‘‘tare’’  de son épouse au grand public, mais la réaction était souvent de se chercher une autre femme dans l’espoir de trouver mieux. La polygamie au Rwanda ancien était toujours motivée par des raisons acceptables par la société, mais elle avait également des causes cachées et plus subtiles comme la forme anatomique de la vulve de la femme. La mère devait donc éviter à sa fille des désagréments dans sa vie familiale en la préparant, très tôt, non seulement moralement et psychologiquement, mais aussi physiquement surtout pour la bonne forme de ses parties intimes.

Un autre critère de classement dans ce domaine prenait comme élément la longueur de l’ouverture vulvaire. Plus celle-ci était plus ou moins longue et visible en position debout, plus la vulve était appréciée et les hommes en étaient très friands. Le sexe était alors dit urumina (le majestueux), urukamba (au goût exquis), ingaramizi (‘‘qui s’expose fièrement’’). Il était réputé être très excitant. Un simple coup d’œil jeté sur une femme nue constituée de la sorte pouvait  même faire bander un moine.

Le sexe de la femme avec une petite ouverture vulvaire était comparé à une petite incision (ururasago). Il rebutait tous les hommes. La coutume était d’avis qu’une pareille femme avait d’office ‘‘une petite vulve’’ (agatuba gato), ce qui n’était pas à son honneur. Une longueur moyenne de l’ouverture de la vulve était dite rwara rw’isha (ongle de la gazelle).

La forme du Mont de Vénus donnait lieu à des appellations diverses de l’organe génital féminin. Un Mont de Vénus très proéminent, avec la forme d’un monticule, présageait un beau sexe : c’était umubundankari (qui est gonflé ou plein de sécrétions vaginales), umugina (termitière avec ses nombreuses galeries) ou igituba cy’amajigo (vulve aux joues joufflues). Quand le pubis était petit et d’un aspect fuyant, le sexe était appelé umunoga, urweso (une petite cruche au goulot étroit) ou icwende ( petite courge servant à  contenir le beurre de toilette ; à cause de  l’étroitesse de son goulot, on y touchait avec un seul doigt). Selon la surface qu’il occupe, le sexe de la femme était dit intara (instrument de la vannerie traditionnelle, de forme circulaire ou ovale, large et plat, servant notamment à séparer les graines de l’ivraie) , vulve d’aspect plat et qui occupe une grande surface. Son opposé est injuma, vulve très petite en forme de coup de poing (agatuba kameze nk’ikofe), retranchée entre les cuisses. Ce sexe, disait-on, ne pouvait pas accrocher un homme. Un Mont de Vénus saillant était associé à un sexe dit umucuri (qui est renversé).

Une dernière classification tenait compte de la longueur des nymphes et du temps qu’elles mettaient pour s’exciter. Si elles répondaient vite à la sollicitation de la verge, elles étaient dites cyinyaza (dont les sécrétions vaginales coulent de soi-même) ou imirishwakumwe (qu’on mange facilement, avec une seule main). Les lèvres vulvaires trop étirées étaient dites imijabamabyi (qui touchent les excréments ; tellement longues qu’elles sont salies par des excréments lors de la défécation) ouibiziriko (les cordelettes). Elles n’étaient pas du tout appréciées par les hommes car souvent leur propreté laissait, à juste titre, à désirer. N’étaient pas aussi du tout appréciées les petites lèvres vulvaires trop courtes. Elles étaient dites kababi k’umuyenzi (petite feuille de l’euphorbiacée), allusion faite au latex de l’euphorbiacée qui coule par de petites gouttes. Même excitées, de telles nymphes ne produisaient que difficilement des écoulements vaginaux (ibinyare), selon la croyance populaire. Vient alors la femme qui n’avait pas du tout de petites lèvres développées. Elle était traitée de tous les noms : la vide, la négligente, la sotte. Elle n’avait aucune chance de conserver, à elle seule, son mari quand elle n’était pas simplement répudiée. Durant l’accouchement, les sages femmes et la belle-mère devaient procéder à quelques rites devant cette ‘‘insuffisante’’ pour ne pas être touchées par les conséquences fâcheuses de cette situation.

La présentation extérieure du sexe de la femme avait donc une grande importance pour son bonheur conjugal. C’était la loi du management moderne. Un produit bien emballé, bien exposé et bien étalé a plus de chance d’attirer un client. De même le sexe de la femme, avec une grande ouverture vulvaire garnie des petites lèvres suffisamment étirées, était très excitant pour l’homme.

Il faut relever que travailler un muscle passif jusqu’à lui donner la forme voulue est un exercice de longue haleine ; d’où la mère commençait très tôt les massages des parties génitales de sa fille pour qu’ils puissent produire les effets escomptés. Devenue nubile, la fille continuait elle-même ces massages intimes et les couplait avec les exercices d’allongement des petites lèvres vulvaires.

Deux critères entraient en lice pour la classification des pénis : leur longueur et leur grosseur. Les femmes n’appréciaient pas du tout un pénis minuscule. Elles avaient l’impression qu’il n’était pas à même de leur donner satisfaction, de leur faire jouir.  Un pénis court et trapu était dit nyabuninga (nyabuninga ininga amazi itayavomye : le court tennis qui, néanmoins, barbote dans l’eau -le liquide vaginal- qu’il n’a pas puisé). Il pouvait bien provoquer des écoulements vaginaux chez la femme (kunyaza) mais il n’était pas efficace pour des coups saccadés d’intromission (gucuga) et des coups secs de pénétration en profondeur (gucumita).  Une seconde catégorie était constituée de intiritiri ou rubinga. C’était un pénis idéal : pas trop court, pas trop long, juste la moyenne qu’il fallait pour bien faire des relations sexuelles à la grande satisfaction de la femme. Il y avait enfin rugozi (‘‘grosse corde’’) connu aussi sous des noms évocateurs comme imboroza (‘‘qui fait crier’’), umushohera ou umushoha (‘‘très long’’),  umuguha (‘‘trop grand et trop gros’’), rwogamabondo (‘‘qui pénètre jusque dans le ventre’’), inkuramura (un pénis qui pénètre jusque dans l’utérus, de façon qu’il peut même le détacher), imboro y’abarobyi (‘‘pénis des pêcheurs’’), igisongo (‘‘en forme de fuseau’’). C’était un pénis redouté à cause de ses grandes  mensurations. En érection, il faisait peur aux femmes, même les plus coriaces. Sa pénétration profonde dans la femme lui faisait crier de douleurs car il dépassait la longueur du vagin, entendait-on dire. Il n’était pas non plus bon pour la provocation des écoulements vaginaux, car il était souvent ‘‘en érection par endroit’’ (gushyukwa amazinga) ; sa prise pour tapoter le clitoris était de ce fait difficile. Ce pénis était à la base de bien de difficultés dans la famille ; la femme finissait par céder et abandonner son mari ; car, à la longue, elle était traumatisée par la seule idée de devoir affronter cette ‘‘machine meurtrière’’. Pour un pénis minuscule et d’aspect  courtaud incapable de la faire jouir, la femme  préférait aller chercher mieux ailleurs et quittait également son mari. Les hommes avec de très longs pénis ou ceux dont les pénis étaient quasi minuscules étaient connus de toutes les femmes, de façon que leurs porteurs n’avaient pas facile à trouver des partenaires sexuels féminins.

Selon leur grosseur, les pénis étaient classés enimbundi (‘‘pénis trapu’’), imbumburi (‘‘pénis d’une grosseur moyenne’’) ; l’inzibabuzutu (‘‘qui ferme complètement l’entrée du vagin’’) était un pénis trop gros de façon qu’il fallait forcer pour qu’il pénètre dans le vagin. Comme un très long pénis, l’inzibabuzutu  faisait lui aussi des malheurs chez les femmes.

Le pénis dont le gland était à découvert avec un prépuce retroussé naturellement, impare, avait sa spécifité. L’impare s’observait dès la naissance au grand dam des parents. Il était le signe que la femme avait bravé certains interdits durant sa grossesse. Les hommes avec un impare étaient connus de tout le village surtout que l’enfant ne portait qu’un cache-sexe vers sa maturité. On ne pouvait pas leur parler avant de prendre son petit déjeuner car ils vous jetaient la guigne (umwaku ). Les femmes avaient, elles aussi, l’impare en horreur. Elles lui prêtaient les caractéristiques de mettre un temps trop long avant d’éjaculer. Cette désapprobation s’exprime entre autre à travers le proverbe : « Umukunnyi mutindi akunira impare : Une pauvresse s’allonge les nymphes sans savoir qu’elle les étire peut-être pour un pénis circoncis naturellement ». 

Gaspard Musabyimana
21/10/2010




 

Par Gaspard Musabyimana - Publié dans : Sexualité à la rwandaise
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Samedi 2 janvier 6 02 /01 /Jan 15:41

La pratique du gukuna consistait pour une fille, à s’étirer les petites lèvres vulvaires jusqu’à ce qu’elles atteignent la longueur rituelle.


Les objectifs du gukuna

Le gukuna était d’abord un moyen d’insertion sociale. Il permettait à la fille de s’intégrer dans le groupe des «socialement admises » de son âge. Car le gukuna se faisait en groupe et deux par deux. Il fallait que la fille trouve le groupe dans lequel évoluer car l’exercice était relativement de longue haleine. Il est évident que cette aide mutuelle, Femme-causette.JPG dans des matières profondément intimes, était un début d’une amitié solide et qui pouvait durer toute la vie. En se livrant à la pratique du gukuna, la fille apprenait à être responsable. La famille et l’entourage l’appréciaient à sa juste valeur en la qualifiant de «fille de cœur : umukobwa w’umutima ». Sinon elle était marginalisée par ses compagnes qui la traitaient de tous les noms. Sans les ce rite, la fille ne pouvait pas trouver un fiancé. C’était une honte pour sa famille qui n’avait pas su faire d’elle un membre de la société à part entière. Non seulement une telle fille pouvait provoquer le malheur ou même la mort de son futur mari mais aussi elle pouvait être nocive pour son entourage. Sa négligence devait entraîner la catastrophe des êtres et des choses. Elle constituait un danger pour les semences, la récolte et les troupeaux. Elle était considérée comme source de diminution (atera itubya) des biens de son futur mari.

Dans des conditions normales, il était plutôt rare que l’on constate cette «tare » si tardivement. En effet, à la veille du mariage, la grand-mère devait vérifier l’état des petites lèvres de sa petite-fille. Le mari qui était tombé sur une fille avec des nymphes non-développées ne tardait pas non plus à envoyer des signaux de protestation à sa belle-famille.

Les petites lèvres étirées constituaient une sorte de parure intime, «un habit de la femme » (umwambaro w’ababyeyi). Après l’accouchement, il était aménagé pour la femme un lit à même le sol à côté d’un grand feu. La femme devait réchauffer «les organes internes de son ventre » traumatisés par l’accouchement. Pour ce faire, elle devait s’asseoir devant ce feu, toute nue, les jambes légèrement écartées. Si elle était surprise dans cet état par un intrus, celui-ci ne pouvait pas la voir «jusque dans le ventre » (kumubona mu nda imbere) car elle était vêtue. Autrement dit, les petites lèvres jouaient le rôle de sorte de «rideaux » pour voiler l’entrée du vagin.

L’allongement des petites lèvres était un des rites de préparation au mariage. Il était fait par la jeune fille pour apprêter son sexe à la satisfaction de son futur partenaire sexuel. Les lèvres vulvaires développées jouaient  le rôle de conservateur de la chaleur nécessaire  lors du coït.

Dans la tradition, une des méthodes de faire des rapports sexuels était le kunyaza (littéralement faire provoquer des sécrétions vaginales). La fille devait avoir un sexe développé qui s’y prête, c’est-à-dire avec des petites lèvres débordant la fente vulvaire. On disait d’ailleurs qu’un tel sexe avait des «oreilles » (ibitwi) et était très apprécié par les hommes. Par contre une vulve sans petites lèvres développées était comparée à une simple incision (ururasago) ou au sexe d’une petite fille (agatuba k’uruhinja).
Le but recherché ici en faisant le gukuna était de marquer une nette différence entre le sexe d’une petite fille et celui d’une jeune fille prête à se marier.

Il était communément admis que la fille n’ayant pas procédé au gukuna devait avoir des règles douloureuses, voire même corrosives. Celles-ci pouvaient la blesser ou blesser son futur mari lors des rapports sexuels.
L’allongement des petites lèvres était pour la fille une façon d’obtenir la jouissance. En effet, la zone sur laquelle portait la pratique est très érogène.


Le début du gukuna
Dans certaines familles, le gukuna commençait très tôt. Mais la société traditionnelle avait fixé des balises pour faire respecter les règles de cette coutume. C’est dans les groupes des égaux que débutait le gukuna, d’abord par simple imitation, puis par nécessité. Cet éveil dictait à la mère, à la grand-mère ou aux tantes maternelles ou paternelles de livrer le secret à la fille et de l’encourager dans cette entreprise.
Quand il y avait éclosion et durcissement des seins (amabere apfunduye) et que les premiers poils de pubis commençaient à pousser, la fille devait se livrer intensivement à la pratique du gukuna.
Les filles cherchaient ainsi régulièrement des occasions d’évasion dans la nature. En groupe, de préférence pair, et dans un endroit discret, elles s’adonnaient au gukuna en suivant ce qu’elles avaient entendu de leurs grandes sœurs ou des conseils leur prodigués par l’un ou l’autre membre de la famille, de sexe féminin.

  Le gukuna et le matériel utilise

 Le matériel auquel on recourait pour l’opération du gukuna était très varié et il n’était pas choisi au pur hasard. C’est la loi de l’analogie qui intervenait. Le beurre tout neuf sorti directement de la baratte était pour que les filles deviennent douces au toucher. Pour que les petites lèvres soient souples et se prêtent à la manœuvre. La chauve souris était employée pour que les lèvres se déploient à l’image d’une chauve-souris suspendue les ailes étendues (ngo bicurame). L’escargot pour que les nymphes répondent facilement à l’excitation, qu’elles augmentent de volume lors de la tumescence et aient une sensibilité comme les antennes de l’escargot. La salive et le suc d’igitenetene pour la viscosité, pour une sécrétion abondante des glandes vaginales. L’arbuste igishikashike (du verbe : gushika = faire venir) était utilisé pour trouver facilement un mari, le souci avec sa fleur rouge pour que la fille ait ses règles. Quant au suc des feuilles de tabac, il était utilisé pour irriter les nymphes, les faire gonfler et ainsi faciliter leur prise dans la manœuvre dugukuna.

 La pratique du gukuna était quotidienne. Dans l’impossibilité de répondre au rendez-vous du groupe, la fille se massait au petit matin en profitant de la chaleur du lit ou le soir après avoir bu et mangé car «c’était le moment propice à la croissance des petites lèvres ».
Les interdits dans le gukuna 

 Le gukuna ne se pratiquait pas en plein soleil. Il fallait aller à l’ombre (à l’intérieur d’une case, tout prêt d’un buisson...) ou alors attendre le crépuscule. Sinon «le soleil brillerait dedans et les petites lèvres se raccourciraient au lieu de s’allonger : rimwakiyemo, yagwingiza, ntagwize ; en se couchant, le soleil pourrait en outre partir avec celles-ci : izuba ryarenga rikarengana nayo [imishino] ».

Durant le gukuna, une fille ne pouvait pas toucher au sel de cuisine car ses petites lèvres risqueraient de fondre comme du sel en contact de l’eau, de se détacher (yacika) ou même de se carboniser.

  Après la séance du gukuna, la fille ne pouvait pas se laver car ce serait inhiber le développement de ses nymphes. Elle se nettoyait les mains avec le suc de certains arbustes. Si elle ne les trouvait pas, il était conseillé de laisser.

  Deux sœurs ne pouvaient pas mutuellement se tirer les petites lèvres. La fille cadette ne pouvait jamais regarder les petites lèvres de son aînée car elles se rétréciraient. L’endroit où les filles avaient élu domicile pour le gukuna était tenu secret. Car il suffirait que des gens malveillants y roulent la pierre ronde lisse qui servait de marteau (intosho) ou le coussinet (ingata), pour qu’elles soient frappées de stérilité irréversible.
Les mensurations
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La fille devait régulièrement prendre des mesures de ses petites lèvres pour voir si elles se développaient normalement. La longueur exigée par la coutume était la seconde articulation du médius. Les petites lèvres étirées selon les normes atteignaient trois ou quatre centimètres de longueur chez les filles rwandaises.

Il fallait bien prêter une attention particulière à ces mensurations car il ne fallait pas que les nymphes soient trop courtes ou trop longues. Les petites lèvres vulvaires n’ayant pas atteint la longueur rituelle exposaient la fille aux moqueries de ses compagnes. Trop développées, elles étaient dites : « des lèvres qui touchent dans l’anus : imijabannyo ; des nymphes qui happent les excréments humains : imijabamabyi ; des ficelles pour attacher la chèvre : ibiziriko by’ihene ou des nymphes qui se vautrent dans la merde de leur propriétaire : rwiziringa ».

 

Gaspard Musabyimana
02/12/2010

Par Kiroha - Publié dans : Sexualité à la rwandaise
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