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1 juillet 2015 3 01 /07 /juillet /2015 22:41
Vient de paraître : "Sexualité et rites en Afrique. Hier et aujourd'hui"

L’Afrique a une multitude d’ethnies et conséquemment une pluralité de coutumes. Les rites d’initiation sexuelle ont une place de choix dans ce vaste champ de variétés culturelles.

Hier sujet tabou, la sexualité est aujourd’hui vulgarisée surtout avec l’apparition de nouveaux médias et d’Internet. Cependant, force est de constater qu’en Afrique, la sexualité garde encore une certaine spécificité faite de secrets, de croyances et d’interdits.

Souvent insolites, barbares, choquants, affreux voire cruels, les pratiques et les rites sexuels en Afrique jalonnent chaque stade de développement de la vie : de la procréation à l’accouchement et de la puberté au mariage. Même les deuils sont ponctués de pratiques ayant rapport à la sexualité.

La spécificité de la sexualité en Afrique a également trait aux méthodes sexuelles. Certaines sont tellement originales qu’elles ne sont trouvables ni en Occident ni en Orient, régions qui ont pourtant presque tout exploré en la matière.

•Format 14,8x21

•304 pages • 20€

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•Envoyez un mail à : info@editions-scribe.com

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1 juillet 2015 3 01 /07 /juillet /2015 22:36
Vient de paraître : "Sexualité et rites en Afrique. Hier et aujourd'hui"

L’Afrique a une multitude d’ethnies et conséquemment une pluralité de coutumes. Les rites d’initiation sexuelle ont une place de choix dans ce vaste champ de variétés culturelles.

Hier sujet tabou, la sexualité est aujourd’hui vulgarisée surtout avec l’apparition de nouveaux médias et d’Internet. Cependant, force est de constater qu’en Afrique, la sexualité garde encore une certaine spécificité faite de secrets, de croyances et d’interdits.

Souvent insolites, barbares, choquants, affreux voire cruels, les pratiques et les rites sexuels en Afrique jalonnent chaque stade de développement de la vie : de la procréation à l’accouchement et de la puberté au mariage. Même les deuils sont ponctués de pratiques ayant rapport à la sexualité.

La spécificité de la sexualité en Afrique a également trait aux méthodes sexuelles. Certaines sont tellement originales qu’elles ne sont trouvables ni en Occident ni en Orient, régions qui ont pourtant presque tout exploré en la matière.

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13 mai 2014 2 13 /05 /mai /2014 10:48

seins-imigani-copie-1.JPGPour comprendre la réalité de la sexualité rwandaise dans le mariage, qui a comme but la descendance selon les rwandais, nous devons réaliser comment le gukuna, la conception du corps de la femme et d’autres techniques du corps deviennent d’indispensables clefs de lecture de la cosmologie rwandaise. En ce sens, la virginité des femmes reste socialement valorisée (surtout par les hommes), même si aujourd’hui elle ne conditionne plus le mariage.

Le gukuna conditionne la sexualité rwandaise. Elle repose en effet sur une série d’actes codifiés : les deux partenaires sont assis l’un en face de l’autre avec les jambes croisées les unes entre les autres (dans la même position que pendant le gukuna). Cette position croisée des partenaires permet à l’homme de réaliser le kunyaza, qui consiste en une technique particulière de stimulation du clitoris (l’homme tapote le clitoris avec son pénis). D’après les interlocutrices, le kunyaza permet aux femmes de « faire beaucoup d’eau » (amazi). Si une femme n’en produit pas assez, ou pas du tout, elle est appelée igihama, du verbe guhaama, cultiver un champ durci par le soleil (Jacob 1983, 437). Les Rwandais utilisent le même mot pour les femmes qui perdent le lait après l’accouchement (Taylor 1992, 70-71).

Le kunyaza permet à la femme d’atteindre un degré d’excitation élevé et c’est seulement quand elle est sur le point d’avoir un orgasme qu’elle se couche sur le dos et que le rapport continue avec pénétration. Le verbe utilisé à propos de l’excitation féminine est kunyaàra, qui signifie usuellement « uriner », mais qui en connexion avec la sexualité, signifie « produire d’abondantes sécrétions vaginales pendant le coït » (Jacob 1983, 482), ce qui est socialement valorisé. Dans les paroles de mes informatrices, c’est l’alliance du kunyaza (technique masculine), et du gukuna(technique féminine de préparation du corps), qui leur permet d’« arriver à destination », kuraanziga (on notera que le terme utilisé pour désigner l’accomplissement de l’acte sexuel, l’orgasme, n’est pas le même pour les hommes, pour lesquels on parle de gusohora).

Cette capacité à produire des sécrétions vaginales pendant l’acte sexuel semble avoir été moins valorisée en lien avec le plaisir qu’avec la procréation. Selon la tradition, si une femme n’arrive pas à avoir des sécrétions copieuses, on la considèrera comme une mauvaise mère et on la comparera à des éléments de la nature qui ne peuvent pas se reproduire. On dit dans ce cas-là que les filles sont des mukagatare, et les fils des gatare, des pierres plates et larges, à savoir les symboles d’une maternité impénétrable, sèche et dure comme les roches, qui ne sont pas fertiles. Une femme est considérée comme fertile si elle échange ses fluides avec son mari, exactement comme la terre baignée par la pluie. Elle devrait fournir au patrilignage des enfants que la société espère de sexe masculin pour assurer la transmission du bien le plus précieux : la terre.

On peut alors voir dans cette pratique de la sexualité l’effet de représentations propres à la société rwandaise. Dans la société rwandaise, encore aujourd’hui, les fluides comme l’amazi, l’eau ; l’amata, le lait de vache ; l’urugwagwa, la bière de bananes et l’ubuki, le miel, sont valorisés, symboles des liens sociaux ainsi que des liens entre le monde de la nature et le monde social (Taylor 1988 ; 1992). La bière pour les hommes, et le lait pour les deux sexes, symbolisent une fluidité sociale permettant les relations avec les amis et les visiteurs, même lors d’occasions officielles telles que les mariages. Si l’amata (le lait de vache) est l’élément de base dans le régime alimentaire traditionnel (chaud ou caillé), l’amashéreka (le lait maternel) est l’aliment transmis de la mère à l’enfant, tout comme l’eau sous forme de pluie est le gage de la fertilité du sol. Au niveau symbolique, le sol « apparaît comme identifié à la mère où s’enracine et se perpétue le patrilignage. Le bon comportement de l’épouse garantira la fécondité de la terre, du bétail et des abeilles avec lesquels elle est placée dans une relation homologique à celle qu’elle-même entretient avec son mari » (de Lame, 1999, 45). Si le gukuna n’était pas réalisé, ou était mal réalisé, on considérait que cela constituerait un danger pour la récolte, pour les semences et, surtout, pour les troupeaux. On attend du gukuna de l’eau, sous la forme de sécrétions vaginales abondantes pendant le rapport sexuel, le plaisir sexuel féminin étant ainsi indirectement la garantie d’un bon mariage. Celui-ci est la conséquence du fait que la femme a suivi toutes les étapes rituelles pour y arriver ; elle a ainsi modelé son corps, qui est ainsi devenu le symbole de toute la maison et de l’enclos. Elle sera une bonne mère parce qu’elle a empêché grâce au gukuna la fertilité de s’échapper. Son corps, comme la terre, devient ainsi sacré : elle sera d’abord une bonne épouse puis une bonne mère parce que baignée par ses secrétions et celles de son époux.

Aujourd’hui la terre n’a plus la valeur symbolique d’autrefois, à cause de l’introduction et de la circulation de la monnaie, qui n’existait pas avant la colonisation. Jusqu’aux années 1990, avant la réforme du droit familial, la terre était la propriété exclusive des hommes; les femmes ne pouvaient même pas en hériter, même en cas de veuvage. La femme, épouse et mère, comme la terre, assure la perpétuation du patrilignage de son mari ; le pouvoir des femmes était déterminé par l’ascendant du lignage de leur père et par leur capacité à gérer les biens de leur mari (de Lame, 1999, 45). Il n’est alors pas aléatoire que le terme désignant le mari, umugabo soit dérivé du verbe kugaba, qui signifie « donner gratuitement », et aussi « être maître, commander » (Jacob, 1983, 308). Il donne son sperme, sert le lait aux invités, lègue la terre à ses fils. Les femmes sont tout à fait contrôlées par les maris : elles travaillent leurs terres, que la pluie rend fertiles ; à travers les enfants, elles augmentent la puissance, symbolique ou non, du groupe de parenté tout entier. Mais « si les hommes possèdent la terre et les femmes, les femmes sont la terre » (de Lame 1999, 48) et les maris ne peuvent pas se passer d’elles.

Cette appropriation des femmes et de la terre par les hommes est mise en évidence par le symbolisme qui entourait la première nuit de noces : le contact sexuel ne se faisait pas principalement par voie sexuelle, mais après une « lutte entre » les partenaires. Il s’agit d’une tradition qui fut très combattue par l’Église et qui n’est plus aujourd’hui qu’un souvenir, dans les cérémonies actuelles. Lors de cette bataille, la mariée devait faire de son mieux pour ne pas être dominée et, pour cela, elle s’enduisait le corps de beurre. Le mari devait tester la virginité de sa femme à travers l’introduction d’un doigt dans ses parties génitales et c’est seulement après cela qu’il y avait une pénétration, incomplète. Les quelques gouttes de sang qui tachaient le tapis après la rupture de l’hymen devaient se mêler avec le sperme : c’était ainsi que le mariage était validé. Cet échange de fluides avait lieu par terre dans la maison du nouveau mari, où la mariée était allée vivre. Les missionnaires appelaient kushereza, destruction, cette éjaculation par terre, au même titre que le coitus interruptus et que la masturbation. C’est parce qu’ils étaient considérés comme un péché d’onanisme que certains rituels du mariage traditionnel furent interdits officiellement pendant la colonisation.

De plus en plus déconnectés cependant aujourd’hui des références agricoles, les discours contemporains présentent des articulations très variables entre sexualité, plaisir et procréation. Le médecin contemporain Nsekuye Bizimana ne mentionne pas le gukuna, mais seulement le kunyaza, qu’il décrit comme une technique masculine efficace pour déclencher l’orgasme féminin (Bizimana 2010, 168). Il s’agit selon nous d’une vision partielle et machiste, qui marginalise la participation féminine. Nos échanges avec les femmes montrent au contraire leur participation active à la vie sexuelle, dans cette société patriarcale. S’il est vrai que les femmes plus âgées disent « nous le faisons pour eux », en même temps, elles apprennent à connaître leur propre corps, et à l’écouter, pour leur propre plaisir, même si cet aspect n’est pas recherché dans le rituel, mais peut, parfois, être une conséquence du massage. Apprendre ces techniques dans une société inégale, patriarcale, permettrait aux femmes, d’une part, d’établir des amitiés durables avec leurs consœurs, et donc une forte solidarité, et d’autre part, cela leur offrirait la possibilité de reconnaître des capacités corporelles qui seront « exploitées » pendant l’acte sexuel. Certaines de mes interlocutrices, qui sont devenues mes amies, des femmes scolarisées, proches de mon âge (entre quarante et cinquante ans), ont affirmé être contentes de posséder, grâce à cette pratique, des secrets du corps. Elles sont conscientes d’un savoir-faire sur le corps et pour le plaisir du corps, féminin et masculin, qui défie aussi les idées reçues de l’Église et qui, d’une certaine façon, rééquilibre les rapports entre les sexes, même si cela ne se traduit pas par une égalité. Elles disent que le gukuna, associé au kunyaza, amènerait au plaisir en un temps assez rapide et que les hommes aiment les femmes qui participent activement au rapport. De plus, les hommes, parfois, disent que le kunyaza est une sorte d’épreuve mise en place par les femmes, lesquelles peuvent se moquer d’eux quand elles considèrent que leur partenaire n’est pas trop capable dans cet « art ». Ainsi, une incapacité dans le kunyaza est presque considérée comme de l’impuissance, et ce qui a pu avoir, autrefois, des conséquences graves sur le patrilignage, en a, aujourd’hui, sur la réputation auprès des amis.

 Texte tiré de : 

Plaisirs croisés : gukuna-kunyaza. Missions, corps et sexualités dans le Rwanda contemporain, par Michela Fusaschi

 

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Published by Gaspard Musabyimana - dans Sexualité à la rwandaise
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18 juillet 2011 1 18 /07 /juillet /2011 16:40

orgasme2.jpgChez la femme, la qualité de l'orgasme est influencée par le cycle menstruel. Elle n'est pas toujours aussi sensible aux stimulations sexuelles. L'homme avec qui elle fait l'amour, ses expériences sexuelles précédentes et ses sentiments du moment sont également des facteurs déterminants.

La femme n'a pas tous les jours autant envie de faire l'amour. La plupart des femmes sont le plus facilement excitables juste avant ou après la menstruation. Chez d'autres cependant, ce moment se situe pendant la menstruation ou l'ovulation.

Lorsqu'une femme surveille pendant quelques mois son cycle menstruel et le met en rapport avec les orgasmes qu'elle a eus, elle verra elle-même la différence.

Cette connaissance d'elle-même peut lui épargner bien des déceptions : lorsqu'un orgasme lui procure moins de plaisir, elle sait quand c'est pour des raisons physiques.

La masturbation

Il est important qu'une femme connaisse bien sa sexualité. La masturbation est une bonne façon de l'explorer. La femme peut ainsi découvrir ce qui l'excite le plus et lui procure les orgasmes les plus agréables.

Si, en prenant son bain, elle se masse avec du savon, elle découvrira tout naturellement les endroits de son corps qui sont les plus sensibles. Après le bain, elle peut également se masser avec de l'huile ou du talc.

Découvrir ses organes sexuels

Partir à la découverte de son corps peut être très utile, car la plupart des femmes connaissent mal leurs organes sexuels. Parfois, elles n'osent même pas les regarder. Cela peut provoquer toutes sortes de craintes et de préoccupations inconscientes, qui influencent l'orgasme de façon négative. Les hommes n'ont pas ce genre de soucis, car leurs organes sexuels sont essentiellement externes. La plupart des hommes les connaissent donc bien. La femme peut cependant aisément regarder son vagin à l'aide d'un petit miroir.

Toutefois, regarder n'est pas suffisant, il faut aussi sentir. Dans le vagin, il y a une zone, appelée la zone G, qui est plus sensible aux stimulations que le clitoris.

Pour bien examiner l'intérieur du vagin, on peut utiliser un miroir spécial comme en ont les gynécologues. Celui-ci se vend en pharmacie. Il peut être aussi très intéressant que la femme examine à nouveau son vagin lorsqu'elle connaît une excitation sexuelle.

Les femmes qui pensent que cela ne leur arrive jamais voient alors les preuves physiques du contraire. Les femmes timides peuvent ainsi découvrir que leur corps réagit tout à fait normalement aux stimulations sexuelles.

Le massage sensuel

Le massage sensuel doit se faire à deux. Il est important de toujours dire à l'autre ce que l'on trouve le plus agréable. Si ces indications sont bien suivies, le massage sensuel peut devenir un prélude très réussi et très excitant.

Comme, après le massage, la femme est entièrement détendue, son orgasme sera beaucoup plus satisfaisant.

Il vaut mieux ne pas masser les organes sexuels, qui sont très sensibles, tout comme les seins et les mamelons.

En effet, le massage sensuel est destiné à stimuler d'autres zones érogènes ainsi que celles qui ne répondent le plus souvent pas directement aux stimuli sexuels.

Les muscles du bassin

L'orgasme est généralement plus agréable lorsque les muscles du bassin sont bien exercés. Les femmes qui n'ont encore jamais ressenti d'orgasme finiront peut-être par en éprouver un si elles développent ces muscles. Le femme peut exercer les muscles situés en profondeur en les contractant pendant qu'elle urine, pour tenter d'interrompre le jet.

Un bon exercice pour les muscles du vagin lui-même consiste à faire comme si on aspirait, puis rejetait un objet dans le vagin.

Toutefois, comme pour tous les exercices, pour que celui-ci porte ses fruits, il faut le pratiquer assez souvent.

Pour voir si les exercices ont donné des résultats, la femme peut introduire un objet oblong dans son vagin, puis contracter les muscles le plus fort possible. Si l'objet est difficile à retirer, c'est que les muscles sont en parfaite condition. Il convient toutefois d'opérer avec prudence de façon à éviter tout accident ou blessure.

Les accessoires sexuels

Un vibromasseur peut s'avérer un bon auxiliaire. Bien entendu, il faut apprendre à s'en servir, pour découvrir où et comment il produit l'effet le plus agréable.

Il ne doit pas forcément être toujours utilisé au même endroit et de la même façon.

Certaines femmes aiment sentir quelque chose dans leur vagin lorsqu'elles se masturbent. Elles peuvent employer pour cela un ou plusieurs doigts, mais peut-être préféreront-elles un godemiché ou un vibromasseur.

Le jeu de l'amour

Bien entendu, l'homme doit aussi apprendre ce que sa femme trouve le plus agréable. C'est surtout important lors du prélude. Comme, le plus souvent, la femme a atteint ses premiers orgasmes en se masturbant, elle connaît elle-même les caresses qu'elle préfère. Malheureusement, la plupart des hommes ne s'y intéressent guère. Ils font ce qu'eux-mêmes trouvent excitant ou ce qu'ils croient que la femme trouve excitant.

Si la femme est timide, l'homme doit tenter de découvrir, par l'expérience, ce qu'elle apprécie le plus. Cependant, il se peut qu'il se trompe totalement, et c'est pourquoi il serait bon que les femmes timides puissent dépasser, ne serait-ce qu'un tout petit peu, leurs inhibitions.

L'homme apprendra aussi beaucoup en regardant la femme se masturber. Toutes les femmes ne seront cependant pas prêtes à le faire en présence de leur partenaire, et il devra donc alors se fier essentiellement à la pratique.

L'orgasme et la relation

La qualité de la relation elle-même exerce bien entendu une grande influence sur l'orgasme. Une femme qui n'est pas bien traitée par son mari ne pourra pas jouir pleinement de l'orgasme. La seule solution réside dans une modification de la situation, qui ne sera peut-être possible que moyennant l'aide d'un expert.

Toutefois, même dans le cas où la relation serait assez bonne, toute amélioration exercera certainement un effet positif sur la vie sexuelle des deux partenaires.

Les fantasmes

Les fantasmes influent considérablement sur l'orgasme. En fantasmant, une femme dotée d'une imagination suffisante peut transformer un orgasme «ordinaire» en une expérience hors du commun.

Certaines personnes n'ont guère de fantasmes sexuels particuliers, mais elles peuvent trouver aisément de quoi alimenter leur imagination. La littérature érotique, par exemple, est une très bonne source d'inspiration. Il peut aussi être très excitant de se raconter l'un l'autre ses fantasmes sexuels.

Néanmoins, tous les fantasmes ne peuvent pas se raconter à l'autre. S'ils risquent d'effrayer, il vaut mieux les garder pour soi. Il est également préférable de ne pas aborder par exemple des fantasmes où intervient une personne connue des deux partenaires.

[Tiré de A. Winandy et alli, Amour et Sexualité, Ed. Christophe Colomb 1990, pp.54-56]

 

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15 juillet 2011 5 15 /07 /juillet /2011 10:36

 

impagaza.JPGDans les années quarante, le gynécologue allemand Ernst Grafenberg signala dans ses travaux la découverte d'une zone érogène située dans la paroi avant du vagin. Lorsque, par la suite, d'autres chercheurs, les Américains Beverly Whipple et John Perry, découvrirent que cette zone existait bel et bien, ils lui donnèrent le nom de G-spot (G pour Grafenberg). Ils s'aperçurent également qu'une femme qui atteint l'orgasme par la stimulation de cette zone sécrète une petite quantité de liquide blanc. Celui-ci s'est révélé avoir la même composition que le liquide sécrété par la prostate chez l'homme. Ils ont également découvert des plexus nerveux (réunion de plusieurs terminaisons nerveuses) semblables dans la prostate et dans la zone G.

Au début, Whipple et Perry se heurtèrent au scepticisme général du monde médical. Celui-ci ne céda que lorsqu'ils démontrèrent que chacune des quatre cents personnes testées possédait effectivement cette zone G. Aucun spécialiste ne pouvait plus nier l'évidence.

Les chercheurs américains mirent aussi en lumière un autre aspect de la question. Ils avaient remarqué que beaucoup de femmes qui utilisaient un diaphragme comme moyen de contraception se plaignaient d'éprouver des sensations sexuelles moins intenses. Elles éprouvaient beaucoup plus de plaisir lorsqu'elles prenaient encore la pilule ou que leur partenaire utilisait un préservatif. Selon Whipple et Perry, cette diminution de sensibilité est due essentiellement au fait que le diaphragme ne couvre pas seulement le col de l'utérus, mais aussi une partie de la paroi du vagin et notamment la zone G. Celle-ci ne peut donc plus être stimulée directement. La solution proposée était de stimuler la zone G avant d'introduire le diaphragme ou, plus simple encore, d'utiliser un autre moyen de contraception.

Qu'est-ce que la zone G?

Il s'agit d'un nœud (plexus) de terminaisons nerveuses et de vaisseaux sanguins, qui est situé près de l'urètre. En temps normal, on ne peut la déceler. Ce n'est qu'en cas de stimulation du vagin que cette zone se met à enfler, parfois très rapidement, et qu'une petite boule apparaît sur la paroi du vagin.

Les spécialistes ne s'accordent pas encore sur la question de savoir si la zone G a une autre fonction que simplement sexuelle. Certains pensent qu'elle se développe pendant la grossesse. Ils fondent cette opinion sur le fait que beaucoup de femmes disent que, lorsque leur zone G est stimulée, elles ont l'impression que quelque chose est poussé vers le bas dans le vagin. Il se pourrait donc que la zone G joue un rôle dans l'accouchement.

Où se trouve la zone G?

La zone G n'est pas aussi facile à trouver chez toutes les femmes. Elle se situe approximativement à mi-chemin entre le pubis et le col de l'utérus dans la paroi antérieure du vagin. Chaque femme peut déterminer par elle-même l'endroit précis. Celui-ci est plus difficile à trouver en position couchée qu'accroupie par exemple. En effet, sous l'action de la pesanteur, la zone se déplace vers le fond du vagin.

La stimulation de la zone G donne parfois la sensation de devoir uriner.

Si la femme introduit son doigt dans son vagin et le déplace vers le haut, la zone G va se mettre à enfler. Au toucher, on dirait une petite boule de la taille d'un haricot. Du reste, la zone G n'a pas la même grandeur chez toutes les femmes. Cela n'influence cependant en rien sa sensibilité. En stimulant la zone G, une femme peut obtenir un orgasme bien plus intense qu'en agissant sur le clitoris.

Une expérience commune

Un orgasme atteint par stimulation de la zone G est bien plus satisfaisant s'il est partagé par le partenaire. Lui aussi peut localiser la zone G chez sa compagne. La stimulation de la zone G au cours des rapports sexuels dépend de la position choisie. Pour la plupart des Occidentaux, la position dite «du missionnaire», est la plus courante. Cependant, elle ne convient guère à la stimulation de la zone G. En effet, le pénis frotte alors surtout contre la paroi arrière du vagin, alors que la zone G se trouve dans la paroi avant.

Les positions qui se prêtent le mieux à une action sur la zone G sont la pénétration par l'arrière, ainsi que les variantes de la position cavalière, où la femme est assise à califourchon sur l'homme.

Dans le premier cas, le pénis atteindra la paroi antérieure du vagin, surtout si la femme bouge quelque peu les hanches. Elle peut aussi dans une certaine mesure guider l'opération.

La zone G est également stimulée lorsque la femme est assise sur l’homme ; la femme peut alors guider le pénis.

La zone G chez l'homme

Les hommes ont également une zone G: c'est la prostate. Cette glande produit notamment la plus grande partie du liquide où se meuvent les spermatozoïdes. Beaucoup d'hommes éprouvent un orgasme bien plus intense lorsque leur prostate est stimulée. Parfois, ils éjaculent même d'une autre façon. Au lieu de se dérouler par à-coups, l'éjaculation prend la forme d'un écoulement lent.

Pour trouver sa prostate, l'homme doit mettre un doigt dans son anus. Il lui sera plus facile d'y accéder s'il se couche sur le dos, les genoux pressés sur la poitrine. En pressant alors sur la paroi avant du rectum, il sentira sa prostate. Celle-ci a à peu près la forme et la taille d'une noix.

Pour l'homme, il est également plus agréable de découvrir cette sensation avec sa partenaire. Il faut simplement faire attention à quelques détails. Tout d'abord, les ongles ne doivent bien sûr pas être trop longs, sans quoi ils pourraient blesser la muqueuse délicate du rectum. Il est également conseillé d'utiliser un lubrifiant soluble dans l'eau. En effet, l'anus ne s'humidifie pas comme le vagin. La plupart des hommes ne sont pas habitués à sentir quelque chose dans leur anus et ne trouveraient certainement pas agréable la sensation d'un doigt qui y pénètre rêchement. Il est bon aussi qu'après l'introduction, la femme attende quelques instants de bouger son doigt, afin de donner à l'homme le temps de s'y habituer. Peut-être certaines femmes seront-elles dégoûtées par cette idée parce qu'elles pensent qu'il se trouve encore des excréments dans l'anus. Ce n'est toutefois jamais le cas, sauf s'il y a constipation. La femme doit cependant laver son doigt immédiatement après pour éliminer les bactéries. Pour éviter tout risque, elle peut naturellement toujours utiliser un gant chirurgical en plastique.

Un homme stimulé de cette façon atteint parfois même un orgasme sans que sa femme touche son pénis. Cela ne veut bien sûr pas dire qu'il soit interdit de stimuler le pénis: son orgasme n'en sera que plus intense.

 [Tiré de A. Winandy et alli, Amour et Sexualité, Ed. Christophe Colomb 1990, pp.88-92]. 

 

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25 mars 2011 5 25 /03 /mars /2011 01:42

seins-baluba4--mod.JPGTraditionnellement, la préparation de l’enfant à la sexualité commençait très tôt. Lors de la toilette quotidienne, la mère observait le sexe de son fils qui devait de temps en temps être en érection, signe que l’enfant était sexuellement normal. Sinon les parents commençaient à s’inquiéter d’une éventuelle impuissance de leur fils. En outre, en érection, le pénis de l’enfant devait être bien droit. L’idée était que s’il était recourbé, il aurait de la peine, le moment venu, à pénétrer dans le vagin. Des exercices pour le redresser étaient faits quotidiennement par la mère. Celle-ci veillait également à ce que le gland du pénis de l’enfant soit bien couvert par le prépuce. La verge avec un gland à découvert était dite impare. Elle était qualifiée de tous les sobriquets insultants et avait la réputation d’être jeteuse de guigne. S’il en était ainsi, la mère tirait régulièrement le pli de la peau du pénis dans le but de couvrir le gland.

 

S’agissant de la fille, la mère exécutait, à la même occasion, plusieurs mouvements de bas en haut sur son sexe pour éviter qu’il ne croisse vers le bas, vers l’anus. Car un tel sexe n’était pas apprécié par les hommes. Le sexe idéal était celui dont l’ouverture de la vulve se voyait en grande partie quand la fille était en position debout. Plus tard, les petites lèvres allongées et le clitoris devaient eux aussi s’extérioriser en grande partie. La négligence de cette coutume est exprimée par le proverbe : « Une mère irresponsable rend difforme la vulve de son enfant ».


Le sexe du garçon était testé très tôt dans le souci de s’assurer que sa fonction de reproduction était normale, et donc que la perpétuation du lignage pourrait être assurée. Pour la fille, par contre, on va attendre les manifestations physiologiques de la puberté pour exprimer les mêmes soucis : poussée des seins, menstruation.


La masturbation était fréquente chez les enfants, mais elle était condamnée par les adultes. Les enfants la pratiquaient en cachette. Le garçon jouait avec son sexe en tirant le gland vers les testicules. La croyance populaire était d’avis que, pour hâter la croissance de son pénis et la venue des poils du pubis, le petit garçon devait uriner régulièrement sur de la cendre, ce qu’il faisait avec conviction. Des jeux sexuels étaient courants entre filles et garçons mais ils n’étaient pas pris au sérieux. Une expression rwandaise dit à ce sujet : « effectuer un travail vain comme un enfant qui fait des relations sexuelles avec un autre enfant ».

 

Ces jeux étaient sérieusement réprimés, et d’une façon décisive vers l’âge de huit ans, car la conscience commençait à être éveillée. L’éveil était plus précoce dans certaines familles où les enfants assistaient, d’une façon ou d’une autre, au déroulement des rapports sexuels des parents. L’étroitesse de la hutte familiale, les cloisons intérieures non étanches et, d’une façon générale, la promiscuité dans laquelle vivait la famille, surtout quand elle était pauvre, contribuaient à ce que l’intimité des parents soit vite connue de leurs enfants. M. Vincent (1954, pp.174-175) a recueilli des témoignages concernant l’attitude des parents face à leurs ébats sexuels captés par leurs enfants :


« Oui, ils assistent [les enfants], mais sans rien dire. Les parents tâchent d’éloigner les enfants en les mettant dans un coin de leur maison, quand leur maison est grande. Quand la maison est petite, les enfants entendent toujours s’ils ne dorment pas, surtout quand c’est une femme qui jouit beaucoup. Quand les parents remarquent que leurs enfants saisissent tout à fait ce qu’ils font, ils construisent une petite hutte pour les enfants, s’ils en ont les moyens. Cela va de soi qu’ils entendent, mais ça ne fait rien, ça ne nous fait pas honte. De temps en temps, j’entends les enfants chuchoter, alors je les insulte en disant que je ne veux pas de conversations la nuit. Parfois on les entend tousser, alors nous faisons doucement, parfois les petits pleurent : voyant son père au-dessus de sa mère et celle-ci ne disant rien, l’enfant croit que son père veut étrangler sa mère, mais après, il constate que ça doit être, et puis c’est tout ».


Face à cette situation, les parents réagissaient de différentes façons. L’attitude à adopter variait souvent selon que les familles étaient hutu ou tutsi. Selon M. Vincent (p.181), les Hutu observaient le silence sur la sexualité de leurs enfants. Ils feignaient de l’ignorer et les propos obscènes étaient réprimés. Tandis que dans certaines familles tutsi, « ayant des mœurs plus affranchies », les parents faisaient parfois l’un ou l’autre commentaire plaisant et contribuaient ainsi « à créer dans l’esprit de leurs enfants cette attitude de noble détachement et le sens de la frivolité ».


A l’âge questionneur, les enfants ne manquaient pas de poser des questions embarrassantes sur la sexualité. La plus fréquente, et à laquelle tous les parents avaient la même réponse, était de savoir d’où provenait l’enfant. « L’enfant vient de la bouche », « l’enfant vient du nombril », répondaient les parents à leurs enfants. Le mystère restait entier jusqu’au moment où le jeune homme ou la jeune fille s’initiait en matière sexuelle.


Les enfants, qui partageaient le lit avec les parents depuis la naissance, dormaient seuls sitôt sevrés. Les filles et les garçons, sans distinction de sexe, occupaient un même lit. Le fait qu’ils assistaient aux ébats sexuels de leurs parents a poussé certains chercheurs à conclure qu’il y avait risque de jeux incestueux entre frères et sœurs, lesquels cesseraient vers l’âge de huit ans (L. de Heusch, 1958, p.38). C’est en effet aux environs de cet âge qu’une éducation séparée et spécifique était donnée à l’enfant, surtout à la fille qui se rapprochait de plus en plus de sa mère et des autres filles. Les relations et les contacts avec les garçons étaient de plus en plus limités et contrôlés. Le marquage entre l’enfance et la pré-puberté n’avait rien de spécial chez les garçons.


Dans la tradition, la puberté était notamment connue par les transformations physiologiques chez les enfants. Le trait physiologique qui sonnait une sorte d’alarme chez les parents était l’apparition des poils du pubis. Il plaidait à ce que les enfants, qui jusque là étaient tout nus, commencent à s’habiller pour cacher leur sexe. Ils portaient un pagne qui était un morceau de peau de vache ou de chèvre, selon la richesse de la famille. Le torse restait nu. La fille dont les seins commençaient à pousser n’était gênée en aucune façon. Elle les laissait à découvert mais n’en était pas indifférente, ni elle, ni son entourage. En effet, elle ne pouvait plus se livrer aux jeux des enfants. En sautant ou en courant, elle risquait de balancer ses seins. Elle serait considérée par le public comme mal éduquée.


L’attention, à cette période de la vie, était centrée sur les organes génitaux qui entraient dans leur phase de maturation. La poussée des seins et la menstruation chez la fille étaient de bon augure et des rites spécifiques étaient réservés à ces deux phénomènes. Par contre, la préoccupation était moindre, voire inexistante, concernant les manifestations physiologiques de la virilité chez le garçon, comme la poussée de la barbe ou les premières éjaculations. Alors que le sexe de la fille était modelé, rien d’équivalent n’était prévu chez le garçon. L’on se serait attendu par exemple à des exercices d’allongement du sexe ou à une circoncision, mais rien n’était fait de tout cela.


L’éducation familiale, qui jusque là était dispensée presque indistinctement aux filles et aux garçons, devenait carrément séparée. Le jeune garçon allait dans le sillage de son père qui l’initiait aux travaux masculins et aux obligations socio-familiales. La fille, à côté de sa mère, apprenait les travaux ménagers et entrait dans une période de préparation intensive au mariage. Elle était en outre initiée petit à petit aux secrets des femmes, comme l’utilisation des charmes, et devait veiller scrupuleusement à sa virginité. Elle était obligée, de par la coutume, à se soumettre à un rite primordial, à savoir : le gukuna, c’est-à-dire l’allongement des nymphes. Selon A. Bigirumwami (1964, p.126), les fillettes commençaient le gukuna dès l’âge de 6 à 8 ans. Cependant le début du gukuna pouvait aller jusqu’à 11-13 ans pour les retardataires.


[Tiré du livre de Gaspard Musabyimana, « Pratiques et Rites sexuels au Rwanda », Paris, Editions L'Harmattan, ISBN:2-296-01087-3192, juillet 2006].

 

 

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8 mars 2011 2 08 /03 /mars /2011 23:50

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Au Rwanda ancien, certaines relations sexuelles étaient prohibées par la coutume. Il s’agissait entre autres de l’inceste, de l’homosexualité et de la zoophilie.

Les rapports sexuels incestueux concernaient notamment ceux entre une fille et son père ou entre une mère et son fils. Les rapports sexuels entre une sœur et son frère, ou entre une nièce et ses oncles, étaient également incestueux et donc interdits. Les relations entre une nièce et son oncle étaient caractérisées par une très grande susceptibilité.

Etaient également prohibées les relations sexuelles entre un homme et la fille, même majeure, d’un voisin ayant le même âge que lui. Celui-ci considérait la fille comme son enfant car ayant le même âge que ses propres enfants. Une union quelconque avec elle équivaudrait donc à « déshabiller l’enfant », c’est-à-dire avoir des relations sexuelles incestueuses avec sa fille. Cette « perversion » était admise par contre dans le cas des « filles offertes » aux représentants de Ryangombe, pratique en vigueur surtout dans les régions du Nord du Rwanda. L’objectif de cette offrande était de solliciter la protection des dieux. Quel que soit l’âge du représentant du dieu Ryangombe, la fille devait lui « bourrer la pipe ». Les personnes âgées, une fois au lit, le soir, devaient fumer la pipe avant de s’endormir. C’était le rôle de la femme de chercher la pipe de son mari et de le lui apporter au lit. L’homme, après avoir tiré quelques bouffées, enlaçait sa femme et lui faisait l’amour.

Les enfants nés des unions incestueuses avaient un nom spécial : inyamacugane (les intra-croisés). Il s’agit en fait d’un mot emprunté chez les éleveurs qui, pour améliorer la race du bétail, évitait de croiser les animaux issus d’un même géniteur.

Des cas d’inceste pouvaient s’observer dans la haute classe de l’ancien Rwanda, notamment à la cour royale, lequel se pratiquait au vu et au su des courtisans.

Selon la coutume, les différentes catégories de personnes qui ne pouvaient pas se marier entre elles sont : les descendants dans la lignée patrilinéaire d’un ancêtre commun. Quelques exceptions méritent cependant d’être signalées. Dans des familles pauvres où le jeune homme avait de la peine à trouver la dot, un mariage lui était arrangé avec sa cousine croisée du côté maternel. Les relations sexuelles entre un cousin et une cousine étaient donc tolérées. Une liberté sexuelle était même carrément reconnue par la tradition entre cousins croisés. Le garçon, devenu jeune homme, était encouragé à fréquenter ses cousines croisées mariées afin qu’elles lui donnent des leçons sur la sexualité, théoriquement et pratiquement.

Dans le domaine des rapports sexuels, la consanguinité était, à tous les degrés de la lignée masculine, une cause d’empêchement au mariage. Il était admis par la coutume qu’à partir de la troisième génération, les barrières au mariage étaient de plus en plus levées ou n’étaient pas parfois prises en considération.

Un autre genre de relations sexuelles prohibées par la coutume était l’homosexualité. Celle-ci était rare, voire inexistante à proprement parler dans l’ancien Rwanda. La relative facilité d’avoir des relations hétérosexuelles (entre cousins et cousines, entre un homme et ses belles-sœurs, partenariats sexuels divers,…) peuvent en donner l’explication.

Un autre cas rare de relations sexuelles prohibées était la zoophilie. Au Rwanda ancien, le bétail était promené à travers monts et vallées à la recherche de pâturages. Certains bergers avaient des bêtes favorites avec lesquelles ils étaient familiers. C’est aux heures de midi, quand les animaux étaient couchés à l’ombre des arbres, que les bergers les violaient. Le sexe de la vache ou du mouton était particulièrement prisé. Le berger attrapé par le propriétaire du troupeau était sévèrement puni et renvoyé. Dans d’autres civilisations, l’accouplement avec des animaux étaient d’ordre rituel.

Gaspard Musabyimana

09/03/2011

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20 février 2011 7 20 /02 /février /2011 23:40

Musinga et son enfant-photo inforcongoAu Rwanda, hier comme aujourd’hui, l’inceste est considéré comme un tabou. Examinons cette notion dans le Rwanda traditionnel.

Au Rwanda, depuis des temps immémoriaux, les rapports sexuels étaient interdits entre une fille et son père. Ce principe était régi par le proverbe : «Imfizi izira izayo ntigira inyishyu : Il est permis au taureau de monter les vaches données en remboursement, mais celles qu’il a engendrées lui sont interdites ». Ces relations étaient sévèrement condamnées par la coutume. On les désignait pour cela par «kwisubira ku mugongo ou kwisubira mu nda : faire un retour au dos ou au ventre », expressions traduisant un retournement anormal de la situation. Elles donnent l’image d’un père en train d’éventrer sa femme pour forniquer le fœtus ou un père en train d’enlever l’enfant sur le dos de sa mère pour satisfaire ses instincts sexuels avec ce bébé. ça équivaut, ni plus ni moins à un infanticide (l’expresion « kwikora munda : se toucher dans le ‘‘ventre’’ » signifie provoquer, souvent par mégarde, la mort de son enfant).

Les relations sexuelles étaient également prohibées entre une mère et son fils. Le juron : « Urabe unyambuye : que tu me déshabilles (euphémisme pour dire ‘‘que tu fasses des rapports sexuels avec moi’’) était lancé par une mère dans une situation grave dans la quelle elle ne pouvait dissuader son fils autrement. Celui-ci ne pouvait en aucun cas passer outre. L’un des rares cas connus d’inceste entre un fils et sa mère est relaté dans les récits mythiques de Ryangombe qui aurait eu un enfant, du nom de Nyabirungu, avec sa mère Bigaragara.

Les rapports sexuels entre une sœur et son frère, et entre une nièce et ses oncles étaient incestueux et donc interdites. Les relations entre une nièce (umwishywa) et son oncle étaient caractérisées par une très grande susceptibilité. Un oncle ne pouvait rien refuser à sa nièce. Pour devancer, il devait lui donner un cadeau chaque fois que l’occasion de la rencontrer se présentait. Il ne devait jamais lui faire pleurer sous aucun prétexte. Le juron : « Ndakenda umwishywa : que j’aie des rapports sexuels avec une nièce » était le plus grave qu’un homme pouvait prononcer.

Cette interdiction était également de règle entre un neveu et ses tantes. Le proverbe : « Inkururarusya iswika nyirasenge. : le tireur des poils du pubis (le débauché) fait l’amour avec sa tante paternelle ». S’il arrivait à un neveu de transgresser ce tabou, il aurait tous les malheurs du monde.

Etaient également prohibées les relations sexuelles entre un homme et une fille, même majeure, d’un voisin ayant le même âge que lui. Celui-ci considérait la fille comme son enfant car ayant le même âge que ses ouailles. Une union quelconque avec elle équivaudrait donc à « déshabiller l’enfant » (kwambura umwana), c’est-à-dire avoir des relations sexuelles incestueuses avec sa fille. Cette ’’perversion’’ était admise par contre dans le cas des filles offertes (gutura umwana) aux représentants de Ryangombe (abagirwa), pratique en vigueur surtout dans les régions du Nord du Rwanda dans les préfectures actuelles de Ruhengeri et de Byumba. L’objectif de cette offrande était de solliciter la protection des dieux. Quel que soit l’âge de l’umugirwa, la fille devait lui ‘‘bourrer la pipe’’ (gutekera itabi). Les personnes âgées, une fois au lit, le soir, devaient fumer la pipe avant de s’endormir. C’était le rôle de la femme de chercher la pipe de son mari et de le lui apporter au lit. L’homme, après avoir tiré quelques bouffées, enlaçait sa femme et lui faisait l’amour. Il en était ainsi pour la fille offerte. Lui demander de « bourrer la pipe » était synonyme de l’inviter au lit. L’umugirwa couchait avec la fille sans autre considération, cérémonie religieuse oblige.

Les enfants nés des unions incestueuses avaient un nom spécial : ‘‘amacugane’’ (les intracroisés). Il s’agit en fait d’un mot emprunté chez les éleveurs qui, pour améliorer la race du bétail, évitait de croiser les animaux issus d’un même géniteur.

Cependant, à en croire les écrits de ceux qui ont observé les mœurs de l’époque ancienne, des cas d’inceste pouvaient s’observer dans la haute classe de l’ancien Rwanda. Ainsi Louis de Lacger a relevé chez les Rwandais des mœurs « païennes et barbares », mais aussi «le viol, les commerces illicites jusqu’à l’inceste ». Ce constat, il l’a fait dans la classe aristocratique : « Ce n’est pas dans la classe populaire que les mœurs sont le plus dissolues ni même le plus brutales. S’il était un milieu où la dépravation s’affichât naguère avec le plus de cynisme, c’était humainement le plus distingué, celui des riches et des puissants. C’est dans la noblesse surtout que sévissaient (…) les vices contre nature, la débauche, l’envie avec toutes les manœuvres perfides (…) qu’elle suggère (…). Quant au prince polygame, pas plus à lui qu’à eux, femmes et concubines ne suffisaient à apaiser sa lubricité (…). Les enfants, filles et garçons, n’essayaient pas de se dérober aux caresses voluptueuses de leur père » (Louis de Lacger, Le Ruanda, Kabgayi, 1939, pp.134-135).

La cour royale était réputée pour la dépravation des mœurs et le roi n’était pas souvent en reste. Selon A. Pagès : « Les mœurs des grands chefs étaient, certainement, fort dépravées. L’inceste n’était pas inconnu malheureusement ; il se pratiquait au vu et au su de familiers qui n’en parlaient qu’avec répugnance. L’exemple, d’ailleurs, partait du plus haut sommet de l’échelle sociale. Le ‘Mwami’ actuel, car c’est de Musinga que nous parlons, est d’une amoralité absolue. Pour lui aucune règle, aucune réserve, d’où le mot trop fréquent dans la bouche des dignitaires indigènes : ‘‘ Il nous fait honte !’’» (A. Pagès, Cérémonie de mariage au Rwanda (suite), Congo, Revue générale de la colonie belge, Tome II, n°1, Bruxelles, août 1932, p.67). 

Anicet Kashamura relève, lui aussi, qu’il y a effectivement une corrélation entre la dépravation des mœurs et les classes sociales. Si les « tabous et interdits régissent les valeurs sociales, culturelles, morales, esthétiques des individus, établissent une certaine convergence entre leurs intérêts, garantissent l’ordre et la sécurité collective (…), c’est presque toujours sur les classes dominées, exploitées, que ces règles pèsent lourdement. Ainsi les seigneurs, s’ils ont leurs tabous particuliers, s’affranchissent d’un grand nombre d’interdits qui réglementent la vie de leurs vassaux hutu : l’inceste ne leur est pas défendu... » Anicet Kashamura, famille, sexualité et culture. Essai sur les mœurs sexuelles et les cultures des peuples des Grands Lacs africains. Paris, Payot, p.140). Il souligne même que de nombreux mythes expriment le caractère sacré de l’inceste et son rôle aux origines de la monarchie tant au Rwanda que dans les autres royaumes de la région des Grands Lacs africains.

Maquet a recensé les différentes catégories de personnes qui ne pouvaient pas se marier entre elles à cause de leurs liens de consanguinité ou d’affinité. Braver cette interdiction était ni plus ni moins commettre une sorte d’inceste. Ainsi les descendants dans la lignée patrilinéaire d’un ancêtre commun ne pouvaient pas se marier entre eux. Ce tabou s’appliquait au groupe de parenté maternelle car ce serait horrible et contre nature d’envisager une relation conjugale entre une mère et ses descendants et à toutes les personnes assimilées à la mère comme ses sœurs et ses cousins parallèles.

Cette prohibition s’appliquait également aux beaux-parents : un homme ne pouvait pas avoir des relations sexuelles à la fois avec sa femme et avec la mère de celle-ci. Tous les parents assimilés à la belle-mère se trouvaient dans la catégorie prohibée. Rentrent dans cette dernière catégorie également les nièces et les petites-nièces sororales d’un homme, celui-ci devant se comporter vis-à-vis d’elles comme un oncle même si elles appartenaient à un autre patrilignage. Une extension de ce tabou concernait les époux des oncles et des tantes car le conjoint d’une tante était considéré comme un oncle et vice-versa. La conclusion à laquelle est arrivée Maquet est que les tabous de mariage et de relations sexuelles avaient parfois le but ou la fonction de garder une certaine cohésion à l’intérieur du groupe des parents par consanguinité et affinité, en empêchant que ne naissent des rivalités et conséquemment des éclatements des lignages (Jean-Jacques Maquet, Le système des relations sociales dans le Rwanda ancien, Tervuren, 1954, p.82)..

Quelques exceptions méritent cependant d’être signalées. Dans des familles pauvres où le jeune avait de la peine à trouver la dot, il lui était arrangé un mariage avec sa cousine croisée du côté maternel. cousins.JPG

Il est à noter ici que la notion de ‘‘cousins croisés’’ est très étendue. Les cousins croisés peuvent être notamment, selon les peuples, les enfants d’un homme et ceux de sa sœur ou de son frère ; les enfants d’une femme et ceux de sa sœur ou de son frère. Par ailleurs la coutume du mariage entre cousins croisés n’est pas que rwandaise. Elle se retrouve dans plusieurs régions du globe : « Aux Indes dans la province d’Assam, dans plusieurs tribus d’Australie et de la Mélanésie ; (…) on la retrouverait même en Sibérie et en Amérique ; parmi les populations primitives on la rencontre chez les Vedda de Ceylon et les Naman (Hottentots) ; mais c’est peut-être en Afrique qu’elle est actuellement le plus largement répandue notamment parmi les populations soudanaises d’Ashanti et de Jibu (sous-tribu des Jukun) de la Nigérie ; Hamites Peuls de la Guinée Française et demi-Hamites du Ruanda et surtout parmi maintes tribus bantoues tant de l’Afrique du Sud que du Nyassaland et du Congo Belge ». (Jacques Delaere, A propos des cousins croisés, Bulletin des juridictions indigènes et du droit coutumier congolais, 14è année, n° 11, septembre-octobre 1946, p. 347).

Dans de tels mariages entre cousins, même si dot il y avait, il n’était pas élevé. En principe, la vie familiale était plus intime et plus harmonieuse dans de tels mariages et il y avait moins de difficultés de cohabitation entre la femme et sa belle-mère, celle-ci ayant pour bru sa propre nièce.

Le mariage entre les cousins relevait d’une certaine subtilité de la culture rwandaise. Ainsi, si un mariage était arrangé entre une cousine croisée du côté maternel comme nous l’avons souligné plus haut, il était tenu compte du principe qu’ une nièce peut « remettre le couvercle sur le petit panier de sa tante » (umwisengeneza ajya gupfundikira igiseke cya nyirasenge)  Autrement dit, une fille peut aller chercher le mari dans la famille dans laquelle s’est mariée la sœur de son père (nyirasenge). Le petit panier était symbole non seulement d’amitié mais aussi de confidentialité car il servait entre autres à garder ‘‘le trésor caché’’ de la femme (ses accessoires intimes, ses charmes…). Ce n’était pas n’importe qui qui pouvait accéder à ce panier, sauf la fille aînée de la mère ou la belle-fille choyée par sa belle-mère. Une fille pouvait donc épouser le fils de la sœur de son père, qui est son cousin croisé du côté maternel. L’nverse n’est pas faisable car « une fille ne peut revenir dans la maison » (nta mubokwa usubira mu rugo). Le mariage entre une fille et le fils du frère de son père ne pouvait pas être arrangé. Sinon, ce serait « un retour à la maison », dans la lignée paternelle, le système familial rwandais étant patriarcal.

Le mariage entre cousins croisés devait éviter de tomber dans une union considérée comme incestueuse par la coutume. Ainsi, le mariage entre des enfants d’une femme et ceux de sa sœur n’étaient pas possibles. Car cette dernière ne pouvait jamais, selon la coutume, se refuser au mari de sa sœur si l’occasion se présentait. L’un ou l’autre de ses enfants et ceux de sa sœur étaient donc considérés de ce fait, comme pouvant être éventuellement issu d’un même géniteur. Ils seraient alors plus des frères et des sœurs que des cousins. Le mariage entre eux était donc déconseillé. Par contre, le mariage était possible entre les enfants d’une femme et ceux de son frère. Les relations sexuelles entre un homme et sa sœur étant prohibées, il n’y avait aucune probabilité que certains de leurs enfants partagent un même géniteur. Ils appartenaient dans des clans et dans des lignées différentes. Le principe du « non retour de la fille à la maison » s’appliquait évidemment.

D’une manière générale cependant, des relations sexuelles entre un cousin et une cousine étaient tolérées. Une liberté sexuelle était même carrément reconnue par la tradition entre cousins croisés. On la désignait pudiquement par le terme « guterana ububyara » (se jeter le cousinage). L’expression signifie vulgairement «manifester sa familiarité, lors des blagues entre les personnes du même âge ». Le garçon, devenu jeune homme, était encouragé à fréquenter ses cousines croisées mariées afin qu’elles lui donnent des leçons sur la sexualité, théoriquement et pratiquement. Les proverbes suivants illustrent ce phénomène : «Utazi ko inshuti zashize agira ngo ejo azahura na mubyara we. : Celui qui ignore qu’il n’y a plus d’amis espère que demain il rencontrera sa cousine croisée ». Car elle était toujours disposée à aider son cousin notamment en matière sexuelle.

Dans le domaine des rapports sexuels, la consanguinité était, à tous les degrés de la lignée masculine, une cause d’empêchement au mariage. C’est peut-être pourquoi, exceptionnellement, des relations sexuelles entre un gendre et sa belle–mère, qui officiellement étaient considérées comme incestueuses, pouvaient quand même être tolérées si l’occasion se présentait. Les proverbes suivants sont éloquents à ce sujet : « Nyokobukwe si umuko : Une belle-mère n’est pas comme une erythrine » ; « Iyo nyokobukwe akunze ukurura ihururu : Si ta belle-mère est d’accord, tu tires son pagne de peau (tu la déshabilles pour faire l’amour avec elle) » ; « Umukwe w’isoni ahera mu mfuruka : Un gendre timide reste confiné dans un coin de la maison ; il n’ose pas rejoindre sa belle-mère au lit si l’occasion se présente ». De ces proverbes, il ressort que la belle-mère n’était pas à éviter comme l’érythrine qui a des épines. La réserve qu’il y avait dans les relations entre un gendre et sa belle-mère ne constituait pas un tabou sexuel. Un homme ayant réalisé l’exploit d’avoir des relations sexuelles avec sa belle-mère (kwenzuza) avait donc à la fois couché avec sa femme et avec la mère de sa femme (kwenda umwana na nyina). La coutume lui reconnaissait la capacité d’éloigner les fourmis qui envahissent les habitations (gutsirika intozi). Il était recherché pour la circonstance. Il suffisait qu’il crache sur ces insectes pour qu’elles prennent la fuite

En matière de consanguinité, il est établi qu’à partir de la troisième génération, toutes les barrières au mariage étaient de plus en plus levées ou n’étaient quasi pas prises en considération.

[Pour plus d’informations, procurez-vous le livre de Gaspard Musabyimana, Pratiques et rites sexuels au Rwanda, Paris, Editions L’Harmattan, 2006].

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20 février 2011 7 20 /02 /février /2011 23:06

fille-encein.JPG« La sœur du chef B., de la région du Bwishaza, se trouvait dans cette condition. La grossesse devenue apparente, le chef décida de faire disparaître sa sœur, afin de parer, selon la croyance d’alors, aux grands malheurs qui n’auraient pas manqué de s’abattre sur le pays tout entier. De plus, ne pas agir, c’était braver le courroux du Prince régnant qui aurait sévi contre la famille de la coupable. On fit donc venir les Pygmées porteurs habituels des hamacs et hommes à tout faire.

 

La jeune femme prit place dans un hamac et le cortège se mit en route comme un voyage ordinaire, zigzaguant vers la colline Gitega, où l’intéressée devait attendre sa délivrance. Mais, oh ! Stupeur, on passa outre, les Pygmées ne lui ménageant pas leurs sarcasmes, insensibles aux pleurs et aux supplications de l’infortunée qui s’apercevait, hélas trop tard, de la supercherie. Déjà, on descendait vers le bord du lac. A Kibuye, elle fut déposée dans une pirogue pour voguer en direction de l’îlot Kabakobwa, battu des vagues, dont le nom rappelle bien l’usage qu’on en faisait : l’îlot aux jeunes filles ou abakobwa. L’abandonnant à son triste sort, les Pygmées s’en retournèrent rapporter à leur maître les malédictions proférées par sa sœur contre lui.

 

Et c’est ainsi qu’après deux jours d’angoisse et de souffrances, la malheureuse vit s’approcher une pirogue, croyant sans doute qu’elle venait en libératrice ; mais vaine espérance, car c’était pour hâter sa fin ».

 

[Extrait : A. Lestrade, La médecine indigène au Ruanda et Lexique des termes médicaux français-urunyarwanda. Bruxelles, Académie Royale des Sciences Coloniales, 1955, p.134].

 

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20 février 2011 7 20 /02 /février /2011 22:48

tutsi-hamite.JPG‘‘La légende de Bushi et de Buhavu s’accordent pour représenter l’inceste comme relation préférentielle dans la fondation du royaume havu. Vers les années 1500, dit le mythe, une guerre meurtrière mit aux prises les Shi et les Rwandais. Vainqueurs, les Rwandais capturent Nyi-bunga la fille de Na bushi, roi du Bushi, et l’amènent comme esclave à la cour du Rwanda. Mais après quelques mois, le roi du Rwanda, Gahima Yuhi Ier, lui aussi né d’une union incestueuse, chasse Nyi-bunga de la cour, car elle est mal élevée et étourdie. Il la renvoie à son père, en l’obligeant, pour la punir, à faire ce voyage d’une semaine entièrement nue, et à se présenter à son père dans cette tenue. Cependant, habituée à la liberté de mœurs qui règne au Rwanda, la jeune princesse supporte mal le puritanisme qui est de mise à la cour de son père.

La nuit, en cachette, elle va rejoindre son propre frère dans son lit, apportant ainsi au Bushi les traditions incestueuses du Rwanda. Horrifié, le prince veut appeler au secours, mais sa sœur lui explique l’utilité, pour un fils de roi, d’avoir des enfants incestueux. Ainsi commence la liaison du prince et de sa sœur. Quelques semaines après, Nyi-bunga est enceinte. Chacun sait, à la cour, qu’il s’agit d’une grossesse issue de relations incestueuses. Furieux, Na Bushi exile sa fille et l’envoie chez Na-ntale (le Roi-Lion), roi des Havu. Celui-ci n’a pas d’héritier. Quand Nyi-bunga met au monde un fils, Na-ntale l’adopte aussitôt comme son héritier, et lui donne le nom de Sibula. C’est ainsi qu’on appelle les enfants nés de relations incestueuses destinées à perpétuer la lignée.

Un mythe rwandais raconte la fondation des royaumes interlacustres par Kigwa, «l’homme descendu du ciel ». Kigwa a une soeur, Nyi-banda (la « Mère de la Terre »), belle comme la Lune. Nyi-banda met au monde des enfants nés d’un père inconnu et mystérieux. Chassée par sa famille, elle veut quitter le ciel et se réfugier sur la Terre : elle creuse un trou dans la voûte céleste et descend dans l’Ankole chez les Shwezi. Kigwa, inquiet du sort de sa sœur, part à sa poursuite et tombe du ciel lui aussi. Leur père, voulant rester en communication avec ses enfants et veiller sur eux, laisse ouvert le trou pratiqué dans la voûte céleste ; c’est par là que désormais la Lune éclaire la Terre, jusqu’alors obscure. Kigwa apporte aux hommes les armes qui leur permettront de dominer leurs voisins et de chasser les bêtes féroces ; Nyi-banda leur apporte les plantes, le bétail, le feu.

Pour sauvegarder la pureté de leur sang, Kigwa et Nyi-banda se marient. Le mythe dit donc le caractère sacré de la monarchie qui tire son origine du Ciel et se perpétue par l’inceste : le sacré, l’inceste et la monarchie sont inséparables.’’

(Anicet Kashamura, famille, sexualité et culture. Essai sur les mœurs sexuelles et les cultures des peuples des Grands Lacs africains. Paris, Payot, 1973, pp. 129-130).

 

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